France Elite : Entretien avec Marine Vérot

Article publié le Mardi 04 Juin 2019 à 13h40
Mise à jour le Mardi 04 Juin 2019 à 13h43


Bonjour Marine,

Voici quelques semaines, tu représentais le CNV Natation aux France N1 '"Elite" à Rennes sur 100 DOS / 400 4N / 200 4N

Avec le recul qu’en retiens-tu d’essentiel ?

MV : Une finale A de plus et un meilleur chrono ;) je pense que c'est ce qu'il faut en retenir. J'ai pris beaucoup de plaisir pour cette dernière compétition et j'étais en forme. 

 

Pourquoi le 100 dos comme course ?

MV : A la base on voulait le faire pour se mettre un peu dans le bain et voir mon état de forme général avant le 400 4n. Ce qui n'a pas été très révélateur avec un chrono plus que décevant... Il nous aura plus fait douter qu'autre chose mais même si je n'explique pas cette contre perf je savais que j'étais bien dans l'eau et que le 4nage serait différent. 

 

Le 400 4N…(nldr disqualification pour approche virage incorrecte en dos alors que tu obtenais une place en finale A. Remuons un peu le couteau…est-elle refermée cette plaie ?

MV : ... Et bien non... J'y repense encore et ça me fait mal au cœur. Quand je sors de ma course je ne vois même pas mon temps s'afficher car les résultats ne sont pas officiels... Je ne pensais pas avoir fait une super perf mais quand le juge m'annonce que je suis disqualifiée sur mon virage dos je ne comprends pas. Et quand Christopher m'annonce que j'ai fait mon meilleur temps et que je me serai classée à la 6eme place je comprends encore moins... Nous avons essayé de porter réclamation mais en vain... Ce qui est frustrant c'est de repenser à toutes ces heures de travail, de souffrance, de préparation et surtout d'acharnement pour préparer cette course... 

 

On sait qu’en tant que sportif, on ne commet jamais la faute, honnêtement, limite ou pas ton enchainement vrille/culbute ?

MV : Franchement avant d'aller voir le juge arbitre je n'ai aucune idée de pourquoi je suis disqualifiée. En général quand un virage est limite on le sait tout de suite. On a tellement l'habitude d'en faire. Mais c'est vrai que quand je regarde la vidéo je me laisse glisser. Est-ce que c'est suffisant pour me disqualifier ? Oui apparemment. Ce que je trouve dommage c'est qu'effectivement mon virage est limite mais dans ce cas pourquoi ne disqualifier que 2 nageuses alors que des virages limites il y en plein. Je trouve que c'était un peu tiré par les cheveux mais c'est comme ça !  

 

Me ou M. le juge au virage du 400 4N, son prénom...ce sera ton prochain tatouage ?

MV : Ah Ah Non !! je pense qu'il faut tourner la page ça arrive c'est moche c'est frustrant mais ça fait partie du jeu. 

 

Tu étais au fond du trou moralement le vendredi. Comment arrives-tu à te remobiliser pour le 200 4n du dimanche matin ?

MV : Déjà grâce à mon entraîneur... Il m'a remotivé et m'a donné confiance. J'avais fait mon meilleur temps dès le matin et c'est ce point positif qu'il fallait garder en tête. J'ai pas mal récupéré après la course, et on est revenu nager l'après-midi histoire de me sentir bien. Le samedi on a fait une petite série d'allure et j'étais très bien. 

De mon côté ça a été difficile psychologiquement je ne le cache pas ! 

Mais tout était en place, ma routine de réveil, mon petit dej avant la course, mon échauffement, ma motivation. Le matin du 200 j'étais une pile électrique je voulais ma revanche. J'avais qu'une envie, Nager

 

En améliorant ton meilleur temps au 200 4N, de meilleures nageuses sur le papier sont derrière toi et tu te qualifies en Finale A. A quoi tu penses à cet instant ?

MV : J'oubli la douleur physique et morale le temps d'un instant… Je me dis que je suis allée la chercher et que je l'ai méritée. Ça n’a pas été facile on savait que le 200 4n était dense, beaucoup de nageuses étaient aussi en forme et que pour décrocher sa place çà relèverait de l'exploit. Il fallait que je fasse mon meilleur temps. Une finale A Elite c'est quelque chose de fort ; c'est avec le travail que j'y suis parvenue et c'était un vrai plaisir de monter sur le plot avec les 8 meilleures françaises du moment. 

 

Ça fait quoi d’être en direct sur BEING Sport ? le trac derrière le plot ?

MV : Oui un petit peu c'était ma 2e finale A. Donc forcément stressée, mais plus par l'enjeu et l'atmosphère que par les caméras et la télévision. C'est top de se revoir sur quelques images mais en étant à la ligne 8 on ne m'a pas beaucoup filmée ! 

 

Sinon, les FRANCE Elite, c’est un vrai spectacle à voir ? 

MV : Cette année il y avait pas mal d'ambiance dans la piscine, des spectateurs bretons surmotivés et des nageurs impressionnants à regarder. Chaque année c'est un spectacle. De toute façon on a regardé toutes les finales ! Quand c'est ta passion, de pouvoir voir les plus grands nageurs français c'est toujours un spectacle. Et puis de voir de jeunes nageurs sortir du lot pour monter sur des podiums c'est aussi très impressionnant. 

 

Quel est ton programme pour cette fin de saison ? 

MV : Les maîtres mots sont repos, travail et sports. Je ne retournerai dans l'eau que pour barboter et garder des appuis pour le surf de cet été en Aquitaine ;) 

Sinon pas de championnats estivaux, c'est une page qui se tourne pour moi. 

 

Et la saison prochaine ?

MV : Je ne pense pas réussir à allier mon sport, mes études, et le travail une année de plus. J'ai fait un choix et ça a été longuement réfléchis même avec Christopher. Il savait que ce serait mes derniers N1 et forcément ça les a rendus encore plus forts.

 

Tes études, tu en est où ? tu as concilié les 2 facilement ?

MV : L'année prochaine je rentre en Master donc forcément plus de travail, plus de stage, plus de devoirs... C'est également pour ça que je ne me projette pas dans une année supplémentaire. J'ai réussi à tout concilier plus ou moins grâce à un statut de sportive de haut niveau que j'avais avec la fac. J'étais dispensée de certaine matières que je devais rattraper au fil des cours.

 

Ton Coach, Christopher, comment le qualifierais-tu en 3 adjectifs ?

MV : Que 3 ? Ah ah ! je dirais que c'est quelqu'un d'exigeant, à la recherche de l'évolution que ce soit dans les séries qu'il nous propose, dans la programmation ou les outils qu'il va mettre à notre disposition pour évoluer. Et pour finir, c'est un entraîneur à l'écoute. Oui oui ! Toute l'année j'ai eu des hauts et des bas à l'entraînement et je pense que c'est parce qu'il a été à l'écoute de mes sensations que j'ai réussi à bien nager au N1. 

 

 

Tu entraines en binôme des tous jeunes au club. Outre la technique de nage, qu’essaies-tu de transposer par rapport à ton expérience de nageuse de haut niveau ?

MV : J'essaie de leur transmettre ma passion et ma rigueur. Pour moi il n'y a pas de doute possible, un athlète, peu importe la discipline, c’est quelqu'un de rigoureux et motivé. On essaye de leur transmettre tout ça en les impliquant dans leurs réussites ou leurs échecs. 

 

La 1ère catégorie Maîtres est C0 (20-24 ans), nous te gardons une place pour garder contact avec le Chlore et le CNV ?

MV : Je ne sais pas encore de quoi sera fait demain. Pour l’instant, j’attends des réponses pour le travail, pour les études, j’aviserai ensuite

 

Merci Marine pour ce temps consacré. Bonne récup et plein de bonnes choses pour la suite

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